Algérie : La tendance à la masculinisation de la société continue
Bien que les résultats définitifs du recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) pour 2008 ne soient pas encore connus, la tendance de la composante de la population algérienne selon le sexe continue en faveur de la masculinisation.
 Une tendance que confirment encore les statistiques des huit dernières années du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière communiquées à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la population, le 20 juillet. On s’attend donc à ce que les résultats du RGPH 2008 confirment cette tendance.
Ainsi, et contrairement à l’idée répandue chez les Algériens concernant l’évolution de la population selon le sexe selon laquelle le nombre de femmes est plus important que celui des hommes, les statistiques disent bien le contraire.
Le «mythe» du grand écart entre les deux sexes dans la société, enraciné dans la mémoire collective des Algériens au lendemain de l’indépendance, est tombé.
Les résultats des RGPH effectués depuis l’indépendance montrent que le renversement de la balance a commencé à partir du RGPH de 1987. Les résultats des deux précédents, soit ceux de 1966 et de1977, ont montré que la tendance à l’époque était à la «féminisation».
Entre 1977 et 1987, le nombre de naissances de sexe masculin a renversé la tendance et l’équilibre des deux sexes dans la société. Le RGPH 1998 a confirmé cela. Ainsi donc, plus de deux décennies après le début du renversement de la balance, l’idée chez le citoyen reste encore figée. La communication est à ce titre «déficitaire» en Algérie puisque cette idée date et est restée maintenue depuis l’indépendance, soit au lendemain d’une guerre ayant fait des centaines de milliers de morts. En outre, le maintien de cette croyance justifie sur le plan sociopolitique des choix conservateurs, dont la polygamie tant décriée par des associations
de défense des droits des femmes.
Une pratique maintenue après des retouches apportées au code de la famille en 2005 et qui engendre des souffrances allant jusqu’à la dépression et au suicide, conséquences de «l’instabilité des mariages», selon les psychologues.
N. B.
Source : Le jeune indépendant
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