Algérie : Un plan de communication pour promouvoir les droits des enfants
Le plan national de communication visant à promouvoir les droits des enfants en Algérie devra être mis en place à partir de la rentrée sociale, en septembre. C’est ce qu’a déclaré hier la ministre déléguée auprès du ministère de la Solidarité nationale, chargée de la Famille et de la Condition féminine, Mme Nouara Saâdia Djaâfar, qui a présidé les travaux d’un atelier de réflexion sur la préparation dudit plan.
 Le constat est tel qu’aujourd’hui, il est impossible de concrétiser n’importe quel plan d’action dans le cadre de la promotion des droits des enfants sans associer les médias et mettre l’accent sur leur rôle dans la mobilisation de la société et des pouvoirs publics. La campagne de sensibilisation, menée ces derniers mois, sur les cas de violences faites aux enfants, les assassinats d’enfants et la pédophilie, a eu effectivement un effet positif, par la réaction des pouvoirs publics et des familles, suscitant un véritable débat sur la sécurité des enfants. Il est, toutefois dommage que la problématique des enfants soit abordée occasionnellement, uniquement dans des situations d’extrême urgence. Le regroupement hier des professionnels de la communication vise à trouver les meilleurs mécanismes de communication afin d’intéresser les médias aux droits des enfants, tels qu’ils sont définis par la Convention internationale relative aux droits des enfants ratifiée d’ailleurs par l’Algérie le 19 décembre 1992. Celle-ci n’est pas seulement un écrit, mais un véritable instrument de lutte, fait de consensus et de compromis entre les traditions, la culture, la religion et les valeurs partagées avec toutes les nations. L’Algérie, en ratifiant cette convention, a pris conscience des mesures et des efforts à déployer pour respecter ses engagements à promouvoir les droits des enfants dans leur globalité et non pas seulement dans leur aspect juridique. Entre 1992 et 2000, la politique nationale de protection des droits des enfants a été intégrée dans un contexte de développement socio-économique. Les efforts étaient consentis sur la protection et le développement de l’enfant, sans une vision stratégique de ce que recouvrent les droits des enfants. L’Algérie a réussi le pari en matière de scolarisation des enfants sans discrimination de sexe et avec un taux dépassant les 96 %. Elle a menée une véritable bataille sanitaire, notamment pour la vaccination, et beaucoup d’autres actions positives pour la protection de l’enfance. Mais aujourd’hui, les enjeux sont tout autre et concernent les droits spécifiques, comme le droit aux loisirs, à l’épanouissement. Touchée de plein fouet par la crise économique, l’enfance algérienne a été négligée et laissée pour compte. La négligence a commencé au sein de la famille pour se propager à l’école puis à la société. Devant l’absence ou carrément le retrait de l’Etat de la vie sociale, les vide juridique, infrastructurel, culturel ont fini par gagner tous les domaines relatifs à l’enfant. En 2005, en remettant son rapport périodique sur la situation des enfants au Comité des droits de l’enfance de Genève, l’Algérie a reçu de sévères critiques et réserves. Elle a jusqu’à 2011 pour lever toutes les réserves afin d’inscrire l’enfant parmi les priorités du gouvernement, un indice fort des politiques publiques envers la société. Une stratégie nationale pour la protection des droits des enfants vient d’être élaborée par le ministère délégué chargé de la Famille et de la Condition féminine. Cependant, son application est tributaire d’une action gouvernementale et non sectorielle. Sans l’implication de l’ensemble des départements, aucune action ne peut être menée sur le terrain. En matière de communication, le plan en question doit se baser sur la complémentarité des informations fournies par toutes les parties œuvrant à la protection et à la promotion des droits des enfants. S’agissant des médias, les questions liées à l’enfance occupent une place très marginale dans la diffusion des programmes destinés à la jeunesse. La réflexion menée hier avec les spécialistes de la communication devrait, aujourd’hui, à la clôture des travaux, déterminer les raisons du désintérêt des médias aux questions relatives à l’enfant, avant de lancer le plan de communication pour les droits des enfants. Il s’agit d’abord de convaincre les médias, de les sensibiliser puis de leur faire partager une vision.
R.M.
Source : Le soir d'Algérie
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