Algérie : Un Conseil interministériel spécial sécurité
Le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, a présidé hier un Conseil interministériel restreint dédié à la question sécuritaire. Deux corps des services de sécurité, la gendarmerie et la police, impliqués dans la lutte antiterroriste et la criminalité, ont été conviés à exposer un état des lieux. Cette tâche a incombé au comandant de la Gendarmerie nationale, le général major Ahmed Boustela, et au directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Ali Tounsi.
 Le ministre délégué auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur chargé des Collectivités locales, Dahou Ould Kablia, qui a informé de ce conseil hier, en marge de la cérémonie de sortie de promotion d’officiers de police organisée à l’ESP de Chateauneuf, n’est pas allé dans le détail. Il a tout juste fait savoir que ce conseil interministériel intègre la série de conseils interministériels que le nouveau chef du gouvernement a inaugurée dès sa prise de fonction. Ould Kablia a révélé, en fait, la tenue de ce conseil presque incidemment, puisqu’il répondait à une interrogation relative à l’absence du DGSN à la cérémonie de sortie de promotion d’officiers de police. La défection de Ali Tounsi à cette cérémonie a été remarquée, d’autant que la veille il a présidé une sortie de promotion à Boumerdès et que, par ailleurs, l’ESP de Chateauneuf a enregistré la présence inattendue du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Nouredine-Yazid Zerhouni. Ce dernier, comme de coutume, s’est volontiers prêté à la sollicitation médiatique. Le ministre, relancé sur sa déclaration de la veille au Parlement, à savoir que le nombre des terroristes encore en activité oscillait entre 300 et 400, a surpris en affirmant qu’il a été mal compris. «Je n’ai pas dit qu’ils sont entre 300 et 400. J’ai plutôt dit que quelqu’un a prétendu que le nombre de terroristes encore en activité est de 400 et que celui qui a affirmé cela voulait certainement faire croire que leur nombre est si élevé.» Mais combien sont-ils alors à écumer les maquis ? Le ministre de l’Intérieur les estime moins nombreux que prétendu. «Le nombre des personnes susceptibles de commettre des attentats est beaucoup plus réduit. La meilleure façon de le savoir, c’est l’observation de leur manifestation sur le terrain et le nombre d’actions qu’ils mènent.» Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur a affirmé que les terroristes n’enrôlent pas de nouvelles recrues et que, contrairement à ce qui se dit, il n’y a pas renouvellement des effectifs des groupes terroristes. «La preuve nous est fournie par les résultats qu’enregistrent les services de sécurité. Vous voyez bien, chaque jour, il y a des repentis, des terroristes capturés et des terroristes abattus. C’est une preuve qu’ils trouvent des difficultés à recruter.»
S. A. I.
Source : Le soir d'Algérie
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