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Algérie : Réveil de l’UGTA après trois mois de suspense

Entré dans un coma syndical, le conseil national avait tenu en haleine la classe ouvrière et désemparé les syndicaux depuis le 31 mars, dernier jour du congrès.


Algérie : Réveil de l’UGTA après trois mois de suspense

C’est parti. La crise à l’UGTA semble prendre le chemin des oubliettes pour se conjuguer bientôt au passé. En effet, on apprend que la première session de la CEN, suspendue depuis le 11e congrès de l’UGTA, est convoquée bel et bien pour ce samedi 19 juillet courant à l’hôtel Es-Safir à Alger. A l’ordre du jour, un seul point autour duquel s’articulent les travaux de cette session inédite. C’est l’élection du secrétariat national.

Les préparatifs vont bon train et l’on annonce même une bipartite. Contactée pour en savoir plus, une voix autorisée proche du SG nous a assuré qu’il n’y a ni bipartite ni tripartite ou autre rencontre de quelque forme que ce soit avant la fin de l’année. Entré dans un coma syndical, le conseil national avait tenu en haleine la classe ouvrière et désemparé les syndicaux depuis le 31 mars, dernier jour du congrès où les syndicalistes avaient manifesté leur division au sujet de la création du poste de secrétaire général adjoint. Un poste qui avait semé la confusion générale avant de provoquer une crise interne et l’ire du SG, fraîchement réélu qui en avait décidé autrement. L’UGTA s’est engouffrée dans un passage à vide qui n’a pas manqué de couver un blocage total de toutes les activités dont le puissant syndicat n’avait pas l’habitude de se démarquer. Encore faut-il souligner que la maison du peuple n’avait pas désempli même pendant les trois mois de léthargie. La reprise de l’activité en plein été n’augure-t-elle pas un dénouement heureux du contentieux né lors des assises du congrès historique de la centrale syndicale ? Rien ne renseigne sur la décantation qui a prévalu pour un éventuel recentrage des rapports de forces au sein du vieux syndicat qui est chevauché, voire doublé, par le dynamisme des syndicats autonomes qui s’organisent autour d’une Confédération syndicale se disant capable de rivaliser avec l’UGTA, dont l’ambition de certains de ses cadres a prévalu sur les enjeux du groupe engagé à relever le défi du renouveau, de la modernité et de la solidarité à  l’ère de la mondialisation pour une orientation innovante du mouvement syndical.

Ce samedi donc, on aura face-à-face ou dos à dos, c’est selon, les membres de la plus grande instance entre les congrès, le conseil exécutif national en l’occurrence, divisé en plusieurs pôles, pour ne pas dire en clans, invités pour élire un bureau national dirigeant. A couteaux tirés ou haches enterrées, le vote de samedi déterminera désormais la nouvelle force qui sera aux commandes du temple. L’arrivée de Ahmed Ouyahia à la chefferie du gouvernement n’est pas sans peser sur ce retour précipité au processus de la normalisation de la vie syndicale à l’UGTA, suspendue durant trois mois. Certaines voix anonymes proches de la CEN assurent même que c’en est le principal leitmotiv qui «a amené les perturbateurs et autres velléitaires à rentrer dans l’ordre et à pousser Sidi Saïd à convoquer une session extraordinaire pour assainir le climat délétère imposé par les dissidents et autres exclus engagés pour effectuer un pressing à la quête de repositionnements inespérés».

«Hélas, le train a pris sa voie depuis El-Aurassi, trois mois avant», indique avec ironie une source de l’UGTA.

Par Salah Bey
Source : Le jour d'Algérie

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