
C'est ce que nous a déclaré le directeur des services agricoles (DSA) de la wilaya d’Aïn-Defla lors de la réunion préparatoire qu'il a présidée au siège de son secteur lundi dernier et qui a regroupé, outre les cadres de la DSA, les représentants de la CRMA et de la Chambre d'agriculture.
Cette réunion a eu pour but d'expliquer les dernières directives émanant du ministère de tutelle, qui précisent les modalités d'application du dispositif de régulation de la production, du stockage de la surproduction du tubercule et de sa commercialisation. «Une régulation qui permettra non pas de fixer le prix à la consommation mais d'influer sur les quantités qui seront injectées dans les circuits de commercialisation pour maintenir ces prix dans une fourchette qui ne ruinera pas le producteur d'une part et préservera le pouvoir d'achat du consommateur, d’autre part, en établissant un équilibre entre l'offre et la demande», et la marge de manœuvre des spéculateurs sera ainsi considérablement réduite. Ainsi, une fois ce plan exécuté, le prix de la pomme de terre ne connaîtra pas d'escalade pour atteindre les 70 ou 90 DA le kilogramme comme cela a été le cas à certaines périodes de l'année et ne mettra pas non plus le producteur à genou en lui garantissant de ne pas subir de lourdes pertes financières qui le pousseraient à renoncer à cette activité.
Le DSA, M. Achour, dira à ce sujet : «Qu'on s'entende, le soutien n'est pas pour l'agriculteur mais pour le produit. Il est de 20 DA par kilogramme en plus de 8 à 10 DA par kg et par mois qui seront versés au prestataire de service pour la mise sous froid, à savoir le propriétaire de la structure de réfrigération.» A propos de la mise en place de ce dispositif de régulation, la première étape et objet de cette réunion a été de faire un point précis sur les disponibilités de stockage sous froid existantes sur le territoire de la wilaya d’Aïn- Defla. Une liste nominative des détenteurs de chambres froides, revue et corrigée, a fait ressortir la disponibilité de 90 chambres dont 23 réalisées dans le cadre du FNDA et 32 dans le cadre du FNRDA, soit une capacité globale de 50 à 60 000 tonnes, ce qui représente le tiers de la production nationale à stocker et qui est estimée à 150 000 tonnes. L'adhésion des candidats au stockage est libre, précise-t-on, avec, cependant, une contrainte. Une fois le soutien à la régulation perçu, la commercialisation des quantités stockées ne pourra se faire que sur ordre de la DSA à qui est réservé le rôle de régulation en des points précis et à des périodes précises pour prévenir ainsi toute tension sur le produit et son prix au détail.
On notera au passage qu'à Khemis-Miliana, lundi dernier, le lot de 5 kg de très bonne qualité était cédé à 50 DA, soit entre 16 et 17 DA le kilogramme. Le producteur a ainsi tout à gagner par son adhésion à ce dispositif puisque sa production est en plus assurée par l'Etat. Il faut aussi noter que certains producteurs préfèrent le wait and see car, ce dispositif vient contrecarrer leurs désirs de voir les prix caracoler vers les 80 DA le kg et se remplir les poches au détriment du consommateur.
Cependant, les plus «éclairés» des producteurs n'ont pas attendu pour stocker leur production sous froid, notamment dans d'autres wilayas, telles que Blida Tipasa Mostaganem et Médéa. Ce recours au stockage sous froid dans d'autres wilayas fait ressortir aussi, pour diminuer le coût à la production, qu’il faille à très court terme que l'Etat apporte de nouveau son soutien à l'investissement dans le froid dans la wilaya «même pour les non-agriculteurs », souligne-t-on, en tenant compte de critères objectifs. Ceci devient impératif parce que des milliers d'hectares d'arbres fruitiers sont entrés en production, la cueillette précoce pour certains fruits ayant déjà commencé, il faut donc prévoir le stockage sous froid. «Des propositions dans ce sens (soutien pour la réalisation de structures de stockage sous froid ndlr) seront bientôt soumises au ministère de tutelle», nous a-t-on indiqué. Pour de nombreux et gros producteurs, ce dispositif, souhaité depuis des années, aurait pu leur épargner et aux consommateurs bien des peines. Mais «il vaut mieux tard que jamais», nous dira l'un d'eux.
Karim O.
Source : Le soir d'Algérie