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Algérie : 80% des salles des fêtes toujours fermées

Les gérants des salles des fêtes reviennent à la charge. Dénonçant les dispositions du décret n°05- 207 du 04 juin 2005 fixant les conditions et modalités d’ouverture et d’exploitation des salles des fêtes ayant conduit à la fermeture de 80% des salles au niveau d’Alger, ils en appellent à l’intervention du chef du gouvernement.


Algérie : 80% des salles des fêtes toujours fermées

Dans une lettre adressée à ce dernier, ils indiquent que le wali d’Alger a outrepassé les prérogatives que lui confère le code de wilaya. Ce dernier lui donne en effet le droit de procéder à la fermeture pour une durée de 6 mois tout commerce non conforme. Or, indiquent les responsables du comité des salles des fêtes, certaines salles sont fermées depuis près de trois ans. Ce n’est que depuis quelques mois que les services de la wilaya se sont remis à délivrer des agréments de nouveau. Seuls 15% du total des salles sont concernés. Une situation qui fait réagir les gérants qui certifient que des salles ne répondant pas totalement aux normes ont reçu le fameux sésame. Ils déplorent d’avoir été marginalisés dans la prise de décision et attendent désespérément qu’un de leurs représentants fasse partie des commissions de daïra chargées de constater sur le terrain la conformité des salles avec le cahier des charges. Ce dernier avait été, rappellent- ils, élaboré en catimini sans l’avis des principaux concernés. Ils en veulent pour preuve l’existence d’articles en totale inadéquation avec la nature de leur activité dans le décret décrié qu’il voudrait voir amendé. Dans le lettre adressée au chef du gouvernement, ils demandent clairement «un rectificatif amendant le décret en séparant, au même titre que les théâtres et les salles des fêtes qui sont régis par un statut particulier, de la catégorie des cabarets, night-clubs et autres». Une disposition prévue par l’article 4 du texte et qui fait dire aux gérants des salles des fêtes qu’il est impensable de mettre sur un pied d’égalité un cabaret et une salle des fêtes. L’article 6 n’est pas en reste puisque, selon le représentant des gérants des salles des fêtes, «il va à l’encontre du code du travail et de l’article 40 du code civil», celui-ci interdisant aux jeunes femmes âgées de moins de 25 ans d’exercer dans une salle des fêtes et à toutes celles qui ont moins de 30 ans d’en être gérantes. L’article 8 qui évoque l’agrément limité à une durée de deux années ce qui constitue «une contradiction avec le code des impôts qui accorde un amortissement de 20 ans sur le bâti et de 10 ans sur le matériel», aux dires des membres du comité qui réclament un agrément illimité. Idem pour les articles 8 et 11 qui stipulent que l’agrément doit être nominatif. Une disposition qui fait dire aux gérants que «ce dernier n’est appliqué qu’aux activités dont l’utilisation peut être décidée dans la minute ou l’heure qui précède, ce qui n’est pas le cas des salles des fêtes dont les réservations se font souvent avec plus d’une année d’avance». En remplacement de cette disposition, ils proposent que l’agrément soit au nom de la salle pour permettre aux héritiers de continuer l’activité en cas de décès. Au chef du gouvernement, ils ajoutent qu’«une salle des fêtes crée en moyenne une quarantaine d’emplois directs et indirects, en multipliant ce chiffre par 1 600 salles, ce sont 64 000 emplois qui sont créés». Cet énième SOS trouvera-t-il un écho favorable après les innombrables requêtes restées sans réponse ? Les gérants des salles des fêtes ne désespèrent pas…

N. I.
Source : Le soir d'Algérie

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