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Offres d’emploi en Algérie : Le diktat des recruteurs

Souvent, les annonces d’offres d’emploi qui paraissent dans la presse ne comportent pas le nom de l’organisme annon-ceur : combien de fois n’a-t-on pas trouvé des annonces anonymes du genre «grande société» ou «multinationale installée en Algérie» recrute agents de saisie, ingénieurs etc.», sans la moindre indication sur l’identité de la société ?


Offres d’emploi en Algérie : Le diktat des recruteurs

C’est tout juste si on publie une adresse e.mail à laquelle les demandeurs d’emploi sont tenus d’envoyer leur CV. L’avènement de l’internet a renforcé cette tendance à l’anonymat car les postulants à l’emploi n’ont plus la possibilité de se renseigner sur l’organisme susceptible de les recruter. Un numéro de téléphone réglait autrefois le problème puisque les demandeurs d’emploi pouvaient joindre la société qui a publié l’annonce et poser toutes les questions qu’ils souhaitaient avant de déposer leur candidature. Aujourd’hui, les candidats à l’emploi sont contraints de répondre à des annonces dont ils ne connaissent pas l’auteur. Pourtant, suivant les règles de déontologie et de l’éthique, abstraction faite de la réglementation, les demandeurs d’emploi ont le droit de connaître l’identité de l’entreprise dans laquelle ils voudront travailler. Nombre d’explications sont avancées pour justifier cette situation. Selon un recruteur ayant requis l’anonymat «le fait de ne pas divulguer le nom de notre société nous permet de nous soustraire à une grosse pression ; si les gens savent que c’est nous qui recrutons, nous sommes tout de suite assaillis par de nombreux appels. Je ne vous dirai pas le nombre d’interventions auxquelles on est obligé de faire face», et de poursuivre : «L’anonymat nous permet de recruter sereinement en prenant tout notre temps pour faire le bon tri des demandes». Un autre recruteur explique que «l’anonymat permet de prémunir contre d’éventuelles OPA lancées par des entreprises concurrentes mues par le désir de nuire. Elles envoient des faux candidats surtout lorsqu’ils ont le rang de directeur, qui sont en fait des chargés de mission programmés pour vous détruire». Va-t-on admettre toutes ces explications qui ne tiennent aucun compte des principaux concernés, c’est-à-dire les candidats à l’emploi ?

«Cette situation n’est pas normale» affirme Youcef Aggoune, directeur de Média Marketing et chercheur. Selon lui, en «l’absence d’une autorité de régulation, on peut s’attendre à toutes les dérives.» Il ajoute : «Je crois que l’une des raisons qui poussent les annonceurs à ne pas divulguer leur identité est la peur des concurrents ; ils veulent rester dans l’ombre pour ne pas être noyés». Notre interlocuteur tire la sonnette d’alarme sur la protection de la vie privée : «il doit exister des annonceurs mensongers qui se servent des adresses e.mail uniquement pour recueillir les CV des candidats à l’emploi qu’ils vont vendre à des agences de recrutement à coups de millions de dinars». «Je pense, a-t-il ajouté, que la presse a une part de responsabilité là-dessus, elle est coresponsable avec les pouvoirs publics ; songez à ce qui s’est passé quand El Khabar a publié le placard publicitaire du FIS incitant à la désobéissance civile». Et à Aggoune de proposer l’élaboration d’une réglementation associée à un organisme de régulation dans lequel siégeront des représentants du ministère du travail et de l’emploi, des organismes de publicité et des organes de presse.

Larbi Graïne
Source : Le jour d'Algérie

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