
Il estime en effet que la dernière augmentation salariale a été «tuée» par un taux d’inflation de 7 %. A l’issue de ce conclave de mise en conformité qui s’est déroulé sous le triptyque : militantisme, école et citoyenneté, le syndicat se donne désormais une ligne de conduite. Un baptême du feu, à la prochaine rentrée scolaire, pour les 160 nouveaux membres du Conseil national du Cnapest n’est pas exclu. Le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et techniques Cnapest, renouvelle ses revendications et dans le cas du non-aboutissement de celles-ci, un dirigeant de ce syndicat n’exclut pas des actions de protestation. «Nous revendiquons un salaire digne et nous demandons d’être associés comme partenaire entier aux négociations sur le régime indemnitaire. Nous demandons un dialogue responsable, pour résorber les difficultés en cours, permettant une rentrée scolaire sereine», nous dit le chargé de l’information et de la communication du Cnapest, Boudiba Messaoud, également membre du nouveau bureau exécutif issu du dernier congrès ( 10-11 juillet 2008) de ce syndicat. Pressé de dire ce que compte faire le Cnapest pour faire aboutir ses revendications, M. Boudiba, qui nous a rendu visite au bureau de Boumerdès, accompagné de deux membres du Conseil national de la région de Boumerdès, nous a déclaré en sous-entendant que des protestations ne sont pas à exclure. «Habituellement, c’est au cours de l’université d’été que les décisions sur la rentrée scolaire sont arrêtées. L’été de cette année a été consacré au congrès. C’est donc le nouveau conseil national, qui se réunira au mois d’août, qui décidera du plan d’action. » Revenant au point nodal de ces revendications, notamment la révision des salaires qui a été discuté par les congressistes, ces derniers estiment, selon notre visiteur, que la dernière augmentation consentie par le gouvernement, d’ailleurs fortement contestée par les syndicats autonomes, a été «tuée» par l’inflation galopante que subissent les ménages. «La dernière augmentation a été éliminée par l’inflation galopante dans notre pays. Ce taux est actuellement de 7 %. Pour protéger les ménages, les congressistes demandent aux pouvoirs publics l’indexation du niveau des salaires sur le taux d’inflation ». En clair, le syndicat exige la corrélation entre les salaires et le pouvoir d’achat. M. Boudiba rappelle en outre les autres revendications du Cnapest particulièrement le statut particulier des professeurs des lycées, la révision de la liste des maladies professionnelles ainsi que le problème du logement qui, selon lui, est considéré par les enseignants comme étant un outil de travail.
Un congrès réussi
M. Boudiba, accompagné de MM. Si Youcef et Salhi membres du conseil national ainsi que de M. Bechla, membre du bureau de wilaya de Boumerdès nous a, par la suite, fait un exposé sur le congrès du syndicat qui s’est déroulé les 10 et 11 juillet à l’ITE de Ben Aknoun. Ce conclave, auquel se sont associées 45 wilayas à travers les 333 délégués présents à l’ouverture des travaux, avait pour slogan «Militantisme, Ecole et Citoyenneté.» «Nous sommes pour une école moderne, qui prend en charge les exigences universelles pour former des citoyens conscients de leurs devoirs et de leurs droits, dans une société qui les respecte et qu’ils respectent. Nous estimons que les citoyens doivent participer positivement à la construction d’une société tolérante. Nous préconisons le respect des libertés universelles et des libertés syndicales particulièrement. Précisément nos compatriotes veulent bouger et faire les efforts nécessaires pour l’amélioration dans tous les domaines. Malheureusement ils sont découragés, par moult entraves dressées devant eux, d’où notre devise : militantisme» nous dit Boudiba. Au plan organique, le congrès a conservé le système de gouvernance horizontale dans lequel la prise de décision est collégiale. Le congrès a élu un Conseil national de 160 membres d’où est issu un bureau exécutif de 13 membres ayant comme coordinateur M. Nouar Larbi pour un mandat de 3 ans. Selon M. Boudiba, ce congrès a été rehaussé par la présence de partis politiques comme le RCD, le FFS, le PST, des différentes Ligues algériennes de protection des droits de l’homme, des syndicats autonomes et de personnalités d’envergure nationale. Il n’a nullement évoqué la présence de représentants des partis politiques proches du pouvoir, même ceux qui crient sur tous les toits qu’ils défendent les droits des travailleurs, encore moins le syndicat du pouvoir. C’est tout un programme !
Abachi L.
Source : Le soir d'Algérie